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Dossier

Qui eut intérêt aux expéditions contre l’Algérie et le Mexique ?

« Tout est-il de la faute aux [affairistes] juifs !»

N’exagérons pas – surtout un 30 avril, n’est-ce pas ?
Un jour anniversaire… emblématique !

Arrêtons-nous un instant sur cette citation :

“Vous [en parlant des catholiques] n’avez pas encore compris toute la profondeur de notre culpabilité. Nous sommes des intrus. Nous sommes des destructeurs. Nous sommes des révolutionnaires. Nous nous sommes emparés de votre monde, de vos idéals, de votre destin. Nous les avons foulés aux pieds. Nous avons été la cause première, non seulement de la dernière guerre (la Première Guerre mondiale), mais de presque toutes vos guerres, non seulement de la Révolution russe, mais de toutes les grandes révolutions de votre histoire. Nous avons apporté la dissension et le désordre dans votre vie privée et dans votre vie publique. Nous le faisons encore aujourd’hui.”

Elle est l’œuvre du biographe des Rothschild, le juif américain émigré en France Marcus Eli Ravage, qui la rédigea primitivement dans l’article « A real case against jews » paru dans The Century Magazine – janvier 1928 avant d’être reprise et traduite dans « Juifs et Catholiques », ouvrage paru aux éditions Grasset, Paris, 1929, page 60.
http://traitor666.blogspot.fr/2013/02/a-real-case-against-jews.html

Une citation qui laisse à penser certes, mais pourquoi donc l’évoquer à l’occasion d’un 30 avril ?

Parce que ce jour est anniversaire de deux faits historiques sans rapport direct entre eux, aux conséquences politiques et militaires multiples et dramatiques pour la France, en Algérie comme au Mexique, mais qui ont pour seule origine la cupidité et les opérations financières douteuses de… deux [affairistes] juifs !

Car, quelles sont les origines des rapports chaotiques entre la France et l’Algérie, ce qui a conduit à l’occupation de la côte du Dey d’Alger après le débarquement de 37 000 hommes de troupe dans la baie de Sidi Feruch le 14 juin 1830, prélude à plus de cent trente ans de colonisation française?
Les opérations – pour le moins contestables – d’un financier juif, Bacri, issu d’une famille de Livourne qui a ouvert une maison de commerce à Alger où il s’est associé avec un coreligionnaire dénommé Busnach.
L’un comme l’autre sont issus de ces familles primitivement installées en Espagne au temps de la domination arabe puis précipitées par la Reconquête dans les bras du Sultan de Constantinople qui les accueillera avec toute sa sollicitude!
Ils n’ont pas perdu de temps!
Chassés d’Espagne en 1492 par les Rois Catholiques, pour collaboration avec l’envahisseur arabe (et non pas pour des motifs religieux comme la propagande officielle judaïque veut le laisser croire) nombre d’entre eux traversent l’Italie et passent par Ferrare. Certains, comme les Mendès se réfugient alors chez le tout nouveau maître du Divan (la prise de Constantinople n’a que quarante ans!) d’autres, tout en entretenant des relations privilégiées avec la Sublime Porte, se fixeront en Italie – comme les Bacri qui s’installent à Livourne et font avec succès le siège de la noblesse de Toscane.
On les retrouvera trois siècles plus tard banquiers, protégés par le duc de Toscane, et dirigeants d’une société de commerce en Algérie où ils s’associent avec la famille Busnach.

A la fin du XVIII ème siècle, Joesph Cohen Bacri et Natale Busnach sont les protagonistes de l’affaire qui nous intéresse et dont les conséquences vont influencer très directement la politique de la France en Algérie durant… deux cents ans!

L’une des causes premières de la Révolution Française fut la famine consécutive aux récoltes désastreuses des années 1786 à 1788…Dès 1789, le souci principal de la révolution naissante est de nourrir ses partisans: on recherche donc en priorité du blé, on pourrait même dire qu’on en cherchera à tout prix !

A Alger, on flaire la bonne affaire et à partir de 1791 le comptoir Bacri – Busnach va commercialiser avec la jeune république et acheminer des milliers de tonnes de blé algérien, embarquées par ses soins à destination des ports méditerranéens français, mettant ainsi en application l’adage cynique énoncé plus d’un siècle plus tard par Dreyfus, le fondateur du comptoir céréalier du même nom «Celui qui gagne de l’argent avec le blé, ce n’est pas celui qui le cultive, c’est celui qui le transporte!»
La France républicaine, qui n’a pas eu de mots assez durs pour fustiger la gestion financière royale des créances d’état, va s’empresser de laisser traîner et d’oublier de régler la note céréalière de la révolutio
On parlait au départ de deux millions de francs… qui vont curieusement se métamorphoser en sept millions au début du nouveau siècle… Il est vrai que Napoléon lors de la préparation de la campagne d’Égypte a  malencontreusement confié au tandem Bacri / Busnach la fourniture de l’équipement vivrier de son armée (dont deux millions de bouteilles de vin!)… Sur les conseils de Talleyrand ???

Mais le futur empereur veut donner une autre image de la gestion de l’état et doit – pour être crédible et garantir sa politique militaire – assurer le financement des fournitures de guerre, c’est sa crédibilité qui est en jeu, d’autant que le tandem s’impatiente! Et il n’est pas le seul à s’impatienter car le blé a été acheté en Algérie et le dey n’est toujours pas réglé des taxes qui lui incombent et les fournisseurs visiblement n’ont pas tous été payés non plus d’ailleurs!
C’est là qu’interviendra Talleyrand, qui fera payer le 24 août 1802, par le trésor, exactement 3 175 631 francs pour solde de la facture de 7 942 992 francs présentée alors par Bacri.
Mais l’histoire ne s’arrête pas là car Bacri a acheté beaucoup de biens en France depuis dix ans, sur la foi de ses créances d’état…
L’essentiel de ce qu’il perçoit grâce à Talleyrand ne quitte donc pas l’hexagone, et est versé directement à ses créanciers en France. D’où l’exclamation célèbre de Bacri:
«Si le bossu n’était pas dans ma main, je ne compterais sur rien!» (sic)

L’Histoire ne rapporte pas si Talleyrand fut content de cette épithète…
(Elle ne rapporte pas non plus le montant des commissions versées par Bacri à Talleyrand pour arriver à cela!)

La tourmente de l’Empire n’entame pas la détermination des Bacri qui veulent toujours récupérer plus sur cette opération (avec un calcul faisant intervenir des taux usuraires, on en arrivera même en 1926 à la somme astronomique de 14 millions!) et qui décident de pousser le dey – à qui n’a rien n’a été réglé – à protester diplomatiquement ses créances fiscales pour faire pression sur le roi de France…
Sous le règne de Charles X, le consul de France, Pierre Deval, sollicité par le dey, essayera de régler ce problème. Bacri, lui, est depuis longtemps retourné à Livourne…
1566-699662Le 30 avril 1827, au cours d’une audience, irrité de voir que Deval ne fait en rien progresser le dossier, le dey Hussein le congédie en le souffletant de son éventail (ou de son chasse mouche, les témoignages divergent).
Cette altercation, soigneusement convertie en incident diplomatique, sera à l’origine du débarquement de Sidi Ferruch différé durant plus de deux ans par le duc de Villèle, ministre de la guerre, totalement opposé au projet…

On connaît la suite : le débarquement de Bourmont, la campagne de Bugeaud et près de cent cinquante ans d’occupation de l’Algérie terminé par une décolonisation d’autant plus douloureuse et violente que le territoire ainsi constitué n’était pas primitivement une entité nationale (à la différence de ce qui existait au Maroc ou en Tunisie) et que le gouvernement français de la troisième république avait procédé à deux mesures absurdes totalement inusitées :
– la promulgation du honteux décret Crémieux qui allait créer une disparité flagrante de droits entre des « français » nouvellement naturalisés sans la moindre raison autre qu’ethnique, et des “arabes” musulmans ou chrétiens soumis quasiment au système colonial classique d’alors : l’indigénat…
– la départementalisation qui allait (sur le papier!) faire de l’Algérie une pseudo-France administrative aux structures rigides totalement inadaptées aux contingences socio-religieuses du territoire…

Trente-cinq ans plus tard, c’est Napoléon III dont la politique fera les frais d’un autre financier : Jecker !
Nous sommes en 1861.
Le nouvel homme fort du Mexique, Benito Juarez, décide de suspendre le règlement des intérêts de la dette extérieure, ce qui vise en premier lieu des intérêts espagnols, britanniques et français.
Sur les instances du banquier juif Jecker, très impliqué financièrement au Mexique et soutenu par le duc de Morny, Napoléon III met sur pied un corps expéditionnaire franco-britannique destiné à envahir le pays, pour y faire régler les intérêts occidentaux, et pour y instaurer un empire dont il offrira la couronne à l’archiduc Maximilien…
Les troupes débarquent en janvier 1862 à la Vera Cruz, mais les Anglais, désintéressés de leur dette par Juarez, rembarquent rapidement laissant les français continuer seuls la lutte.
Jecker disposait d’autres moyens pour recouvrer ses intérêts et pouvait agir par la négociation comme le firent les espagnols et les anglais…
Mais une opération militaire était plus sûre à ses yeux…
La France se retrouva donc isolée au Mexique face aux armées mexicaines.

L’armée française assiège Puebla. Le 29 avril 1863, un convoi français part du port de Veracruz, chargé de vivres, matériel de siège et de 3 millions de francs en numéraire.
Le colonel Jeanningros, commandant le Régiment Etranger, ayant eu des renseignements concernant l’attaque probable du convoi, décide d’envoyer la 3e compagnie explorer les abords de Palo Verde avant l’arrivée du convoi.
Soixante fantassins et trois officiers de la 3e compagnie du Régiment étranger de la Légion étrangère sont donc envoyés à la rencontre du convoi, à l’aube du 30 avril.
La compagnie n’ayant pas d’officiers disponibles (ceux-ci étant atteints par le « vomito negro », la fièvre jaune, comme nombre de membres du corps expéditionnaire), le capitaine Jean Danjou, adjudant-major du régiment, se porte volontaire pour la commander. Le sous-lieutenant Jean Vilain, payeur par intérim du régiment, et le sous-lieutenant Clément Maudet, porte-drapeau, demandent à l’accompagner.

Le colonel mexicain Francisco de Paula Milán, qui commande 6 000 fantassins et 2 000 cavaliers autochtones, averti de leur passage, met ses troupes en branle.
C’est là que se situe l’épisode célèbre, et devenu quasi sacralisé aujourd’hui, du combat de la Légion à Camerone : le 30 avril 1863.

Camerone_1 copieNous n’y reviendrons pas ici : Camerone est devenu le symbole de l’honneur et du sacrifice.

http://munchexmoser.e-monsite.com/pages/30-avril-1863/camerone-legion-etrangere.html

60 hommes, retranchés dans une auberge, bloquèrent – au sacrifice de leur vie – toute une journée plus de 2000 hommes de l’armée mexicaine pour permettre le passage d’un convoi que les mexicains auraient intercepté…
L’empereur Napoléon III décida que le nom de Camerone serait inscrit sur le drapeau du Régiment Etranger et que, de plus, les noms de Danjou, Vilain et Maudet seraient gravés en lettres d’or sur les murs des Invalides à Paris.

En outre, un monument fut élevé en 1892 sur l’emplacement du combat.
Il porte l’inscription :
QVOS HIC NON PLVS LX
ADVERSI TOTIVS AGMINIS
MOLES CONSTRAVIT
VITA PRIAM QUAM VIRTVS
MILITES DESERVIT GALLICOS
DIE XXX MENSI APR. ANNI MDCCCLXIII
IN MEMORIAM HOC MONUMENTUM SUIS PATRIA PONEBAT
ANNO MDCCCXCII

Laissé à l’abandon au début du XX ele siècle, ce monument fut reconstruit en 1963 à l’occasion du centenaire de Camerone et l’inscription fut traduite alors en français :
« Ils furent ici moins de soixante
opposés à toute une armée,
sa masse les écrasa.
La vie plutôt que le courage
abandonna ces soldats Français
le 30 avril 1863.
à leur mémoire, la patrie éleva ce monument »

Chaque année, la commémoration de Camerone est la fête de la Légion Etrangère.
On y transfère alors en procession jusqu’au Monument aux Morts la relique la plus sacrée de la légion : la main de bois articulée du capitaine Danjoux, l’officier amputé, alors seul disponible, qui allait prendre le commandement des 62 hommes et officiers qui résistèrent contre toute une armée à Camerone, où, comme presque tous les autres, il perdit la vie…

prothese-de-main-en-bois-et-cuir-du-capitaine-danjouAprès la prise de Puebla et l’entrée des Français à Mexico, un simulacre d’assemblée nationale octroiera la couronne de l’Empire du Mexique à l’archiduc Ferdinand-Maximilien.
Mais en avril 1866, Napoléon III doit rapatrier le corps expéditionnaire en catastrophe.
Ferdinand-Maximilien est pris et fusillé par les juaristes le 19 juin 1867.

Et Jecker dans tout cela ?

Il finit par trouver un accord de règlement financier avec les Mexicains sur un mode qui n’est pas sans rappeler les récentes transactions visant à sauver de la faillite les banques américaines imprudemment engagées dans des spéculations aventureuses.
Une grosse partie de ses actifs fut de fait dépréciée….

https://archive.org/stream/lacreancejeckerl00kera/lacreancejeckerl00kera_djvu.txt

Mais la tragédie de l’affaire du Mexique ne lui portera en fin de compte pas chance : sa maison finit par faire faillite…

Jecker, se trouvant à Paris dix ans plus tard, lors de l’insurrection de la Commune, sera fusillé par les insurgés pour avoir causé tant d’effusion de sang…

Quels antisémites ces communards !

Source : Saint – Plaix 30 / 04 /14

A lire aussi : https://histoiresdefrance.wordpress.com/2014/08/19/algerie-jecris-ton-nom/

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