Je me suis surpris en train de lire « Le paquet de mesures pour la mise en œuvre des accords de Minsk » avec un grand sourire. Très agréable comme billet. Pas étonnant que le tonton Vlad était aussi nonchalamment content pendant la négo et s’est ouvertement marré avec le Daron (NDT : surnom du président de la Biélorussie) des européens et du chocolatier. En tout cas, je comprends mieux maintenant les raisons de ce comportement.

Je ne sais pas comment réagiront les « consciencieux » (NDT : surnom des Ukrainiens radicaux), mais à leur place, je ferais une crise d’hystérie grave. Les intérêts du régime ukrainien sont complètement absents de ce « paquet de mesures ». Et le fait que le chocolatier y a donné son accord peut être assimilé à une « trahison ».

Je ne sais même pas comment le tonton Vlad a réussi à faire plier ainsi Merkel et Hollande. Je ne parle même pas de Petro Alexeïevitch (Porochenko) puisque à en juger à son comportement d’hier, il a été de trop à la fête de Minsk.

Ce qui m’a particulièrement réjoui, c’était la déclaration du ministre des affaires étrangères de la Pologne disant que  » la livraison des armes en Ukraine n’est plus à l’ordre du jour » (si même les Polonais ont reconnu qu’elle ne les excite plus, que dire des autres européens ?).

J’ai été particulièrement attendri par la déclaration que « le palais de l’Elysée pourrait donner l’ordre pour la livraison du premier des « Mistral » déjà la semaine prochaine, et que première moitié de mars le navire doit être prêt à être remis à la partie russe ».

On a l’impression qu’on a joué un certain rituel à Minsk, suite auquel tout le monde a fait semblant que le problème ukrainien n’existe plus et que donc, les désaccords passés peuvent être parfaitement oubliés.

Il est clair que les nouveaux accords ne seront pas respectés. C’est purement impossible. Par contre, maintenant que « Le paquet de mesures » est rédigé, Kiev seul sera tenu entièrement responsable de leur non-respect.

Maintenant chacun des « contractants » pourra dire à Porochenko : « Mon brave, ce n’est pas la peine de crier, vous vous êtes engagé à remplir un certain nombre de conditions. L’avez-vous fait ? Non. Alors qu’avez-vous à nous reprocher ? »

Tout porte à croire que le chocolatier s’apprête à vivre des moments très durs. A Minsk il s’est fait écraser les couilles, mais il court un risque de se les faire carrément arracher à Kiev et très prochainement. Là bas, c’était bien désagréable, ici ça fera très mal.

Par André Vadjra (pseudonyme)  —politologue, publiciste, philosophe de Kiev spécialisé en phénomène de la « révolution orange » en Ukraine ainsi que l’Ukraine en tant que sujet historique, politique et culturel.

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