//
vous lisez...
Dossier

Dassault, mirage en Bloch d’un imposteur

Puy Guillaume (63) Marcel BLOCH devient DASSAULT
1941 à Puy Guillaume, BLOCH devient DASSAULT

.
1914 – 2014 Pourquoi 100 ans après les débuts de l’aviation de guerre, cette illustre famille tient-elle toujours secrète ses origines ? Pourquoi le nom de DASSAULT continue t-il à être usurpé par Serge, le fils et Olivier, le petit fils qui ne doivent cette « appellation non contrôlée », qu’à l’achat en 1941, par leur aïeul Marcel BLOCH, de la carte d’identité d’un brave auvergnat, monsieur Dassault, habitant dans le Puy de Dôme (63), près de Thiers, dans la petite commune de Puy Guillaume, comptant un peu plus de 2.500 habitants, voisine de celle de Pierre Laval (Châteldon) et dont le socialiste Michel Charasse (P.S.) fut l’ancien sénateur-maire ?
.
DOSSIER DASSAULT
.
I / La Biographie  de Marcel Bloch

RTEmagicC MDassault1.jpg Marcel Dassault1892 (22.01) Marcel Bloch nait à Paris d’un père médecin issu d’une famille juive alsacienne. Il descend par sa mère de Moïse Allatini, originaire de Livourne, première fortune de Salonique et troisième fortune de l’Empire ottoman. La mère de Marcel règne déjà sur une famille de trois enfants dont il est le quatrième et dernier. Parmi les membres de sa famille : jules Bloch, alias José de Bérys, Francine Bloch, Darius Milhaud et Pierre Vidal-Naquet. A ses dires, le jeune Marcel aurait été passionné très tôt pour les nouveautés technologiques dont l’électricité ; il aime à raconter la vision inspirée et romantique de son enfance :« un jour en récréation, dans la cour de l’école, il faisait très beau, j’ai levé les yeux vers le ciel et j’ai vu le Wilbur Wright du comte de Lambert doubler la tour Eiffel pour la première fois. Je n’avais jamais vu d’avion [là, il nous prend pour des gogos – Ndle] et j’ai compris que l’aviation était entrée dans mon esprit et dans mon cœur. »

1910 Après des études secondaires au lycée Condorcet, Marcel Bloch entre à l’école d’électricité Bréguet.

1913 Le jeune Marcel Bloch (21 ans) est diplômé de Supaéro (Ecole Supérieure d’Aéronautique, aujourd’hui ISAE).

1916 Mobilisé comme Ingénieur au laboratoire d’aéronautique de Chalais-Meudon, organisme d’état, géré par l’armée, il dessine « à titre privé« , en association avec Henry Potez, l’hélice « Éclair«  qui équipera les avions de l’Armée de l’Air.

1917 Toujours avec Henry Potez, auquel se joint Louis Coroller, Marcel Bloch co-réalise un biplace de chasse, le SEA IV que le Ministère de l’Armement et des Fabrications de Guerre commande à … 1 000 exemplaires. Voilà un petit qui ira loin 😉

1918 (Août) Création à Angers de l’usine de la Société Anjou Aéronautique. Sortie du 1er exemplaire le
11 Novembre ! Oui, mais …. la guerre est finie, ce JOUR et le contrat du SEA IV est résilié.

1919 Marcel (27 ans) épouse la jeune Madeleine Minckes (18 ans/1901-1992). Elle lui donnera deux fils, Claude, puis Serge qui sera son successeur à la tête de ses sociétés.

1920 M. Bloch s’envole dans le commerce … du meuble, de l’immobilier et de la carrosserie automobile.

1928 Les cartels veulent la guerre, Marcel Bloch pense alors qu’il est temps de retourner à l’aviation et de constituer une nouvelle équipe. Tandis que le président de la République Raymond Poincaré vient de créer le Ministère de l’Aviation, m. Bloch y voit l’occasion de revenir à ses amours aéronautiques et reçoit, en fin d’année, une commande de 20 avions sanitaires.

1933 Marcel Bloch obtient une commande importante de bombardiers bimoteurs du type Bloch 200, et en sous-traite la fabrication aux usines de son camarade … Potez.

1935 Marcel Bloch s’installe près de Paris, à Courbevoie dans une usine qui compte en cette année plus de 700 ouvriers.

L’aviation une vocation romantique ? Ne dit-il pas lui-même : « un jour, ou plutôt un soir, me trouvant au Bourget, je vis arriver [Charles] Lindbergh sur le Spirit of Saint Louis qui venait de traverser l’Atlantique. j’ai compris alors qu’il y avait quelque chose de changé dans l’aviation et que l’aviation civile allait naître. Comme l’avion de Wilbur Wright m’avait conduit à l’aviation, le Spirit of Saint Louis m’y a ramené.» [Quel pistachier ! toujours une belle histoire à raconter pour charmer son public, mais de lucre, bien-sûr, il n’en est point question 😉 ]

RTEmagicC MDassault2.jpg Marcel Dassault

1936 12 décembre Marcel Bloch crée la SAAMB (Société Anonyme des Avions Marcel Bloch).

1937 Quelques six mois plus tard, sa société est nationalisée par le Front Populaire et fondue dans la SNCASO (Société Nationale des Constructions Aéronautiques du Sud-Ouest) qui compte désormais plus de 1 500 employés ; il en devient … l’administrateur, c’est-à-dire le principal dirigeant 😉

Avec de bons instruments de bord, on ne perd jamais le nord : aussi avec l’argent de son expropriation, Marcel Bloch relance … la SAAMB et perçoit de substantiels droits de licences. Cette situation scabreuse (directeur général d’une société nationalisée et simultanément patron d’une société privée concurrente) lui vaut de devenir la cible de la presse d’extrême-droite (cf. l’hebdomadaire Gringoire).

1939 La deuxième Guerre Mondiale éclate et les avions-cercueils Bloch (mais n’anticipons pas, voir plus bas) sont utilisés pour la défense du ciel de France, jusqu’à la veille de l’armistice.

1940 Plus de 7 000 employés travaillent à la SNCASO ! La course aux armements précédant la 2nd Guerre Mondiale se traduit par une croissance spectaculaire du secteur aéronautique et voit la construction d’une nouvelle usine à Chateauroux.

1940 (début de l’année) pour mettre un terme à la situation ambiguë explicitée ci-dessus, Marcel Bloch est contraint de démissionner de son poste d’administrateur délégué (grand patron) de la SNCASO. Mais à titre privé, M. Bloch dispose d’une usine à Saint Cloud et en fait construire une autre à Thiers (63).
.
06 octobre m. Bloch est arrêté à Cannes et interné administrativement par Vichy à Pellevoisin dans l’Indre. Puis en Ardèche, à Vals les Bains, avec un certain nombre de personnalités dont Marx Dormoy, Vincent Auriol, GeorgesMandel, Jules Moch et quelques autres dont Eugène Montel maire de Colomiers, siège d’une usine … Dassault après la guerre. 🙂

1941 Janvier Le ministre de l’intérieur Marcel Peyrouton obtint de son collègue de l’Air le général Bergeret que Marcel Bloch soit libéré et assigné à résidence à Thiers où son usine était en construction.
.
Sa libération déclenche une nouvelle campagne de presse, la revue Au Pilori se joint à Gringoire pour demander que Bloch soit jugé pour avoir «extirpé à l’État français la coquette somme de 100.000.000 de francs, pour une certaine convention de licence». Bloch rédige un mémoire de 11 pages censé répondre aux attaques.
.
Février
Il fait très froid en Auvergne à cette époque, mais Marcel Bloch dispose toujours d’une voiture et en profite pour se déplacer à Thiers où il visite son usine inachevée. Là, il rencontre monsieur Dassault, homme originaire de la petite commune voisine de Puy Guillaume, à 15 km de là, où il possède des terres agricoles, tout comme à Thiers. Le résultat de leurs discussion est que monsieur Dassault remet le lendemain sa carte d’identité nationale à Marcel Bloch afin que ce dernier puisse se faire passer pour lui en cas de contrôle. La ressemblance est correcte, c’est parfait (témoignage de M-L B)

09 Avril Marcel Bloch, à la demande du Général Bergeret, est à nouveau incarcéré à Thiers.

?? Avril m. Bloch est transféré à la maison d’arrêt de Riom, toujours dans le Puy de Dôme.

13 Octobre Marcel Bloch est libéré sous caution après que la chambre d’accusation ait débouté l’appel du général Bergeret, mais il est arrêté quelques heures après sa sortie sur ordre du même Bergeret.

?? Octobre M. Bloch est à nouveau interné administratif à Vals-les-Bains. Ses compagnons de détention sont alors Paul Reynaud, le Colonel Groussard, Georges Mandel et le général Cochet.
.
Pendant sa détention à Thiers, le Commissariat aux Questions Juives, envoya aux directions régionales du service d’épuration économique de Marseille et de Limoges l’ordre de procéder à des enquêtes sur les sociétés Bloch et sur les conditions dans lesquelles avaient été construit un certain nombre d’avions, mais le comité d’organisation de l’aéronautique dirigé par Joseph Roos parvint à faire traîner tout le processus d’aryanisation, si bien qu’aucune entreprise d’aéronautique n’a été véritablement aryanisée selon les lois de Vichy.
.
1942 Les autorités allemandes de la Militärbefehlshaber in Frankreich (MBF) nomment un administrateur provisoire pour l’entreprise Bloch de Saint-Cloud : Henri Deplante (déjà engagé 12 ans plus tôt par Bloch en 1930 et comme responsable du bureau d’études de la SNCASO en 1940). H. Deplante s’était replié sur Chateauroux, puis sur Mandelieu (06) quand il est sollicité en septembre 1942 pour rejoindre la région parisienne et travailler avec les Allemands, mais il refuse et passera en Espagne après l’invasion de la zone libre en novembre 1942. Bien sûr, les Allemands semblent s’enliser à Stalingrad depuis juillet 1942, mais toute relation avec ces évènements est évidemment fortuite.

1943 Mars Les problèmes de santé de Marcel Bloch justifient son transfert à la prison-hôpital d’Ecully, près de Lyon où il séjournera jusqu’en mars 1944.

1944 Mars La Gestapo arrête M. Bloch pour des motifs pas très clairs : il est interné à Lyon.

30 Mars Madeleine, son épouse et Claude leur fils aîné sont également arrêtés, mais relâchés le lendemain.

?? Juillet Marcel Bloch est transféré à Drancy où il retrouve sa famille et son autre fils Serge.

17 Août il est déporté par convoi, sans sa famille, à Buchenwald où il porte le triangle rouge des prisonniers politiques.

1945 Avril il quitte Buchenwald où il a séjourné durant huit mois. Il sera sauvé par Marcel Paul par membre du Parti communiste français, et par Albert Baudet à qui il manifestera par la suite sa gratitude en nommant ce dernier directeur de la publicité du magazine Jours de France, et en versant chaque année une somme d’argent conséquente au journal communiste l’Humanité. Ce serait en déportation que Marcel Bloch, né juif, serait devenu catholique.

De retour en France, à 53 ans, paralysé (maladie post-diphtérique), il reprend ses activités aéronautiques.

1946 (04.12) Premier changement de son nom de Bloch en Bloch-Dassault.

1948 Il décide de diversifier ses activités en devenant :
– patron de presse avec le magazine : Semaine de France, qui devient Jours de France,
– homme politique, soit Sénateur des Alpes Maritimes, puis député de l’Oise.

1949 (15.02) Deuxième changement de son nom de Bloch-Dassault en Dassault, alors que le MD-450 Ouragan, 1er avion à réaction de l’Armée de l’Air Française, s’exporte désormais en Inde et en … Israël.

1950 Marcel Dassault, dont le père et la mère étaient juifs, se convertit au catholicisme
de l’Eglise Apostolique et Romaine.

1954 L’avion à réaction Mystère IV consacre la reconnaissance du savoir-faire de sa société. Les Etats-Unis commandent 225 appareils dans le cadre d’un accord de l’OTAN.

1956 Décision de la création d’une force nucléaire stratégique française au lendemain de l’affaire de Suez.

1959 Le programme Mirage IV participe au développement de la force nucléaire stratégique française.

1967 la Guerre des 6 Jours (Israël Vs Arabes) consacre le statut de Dassault comme de fournisseur n°1 d’Israël.

Là encore une fois Marcel Dassault a une histoire gentillette pour expliquer le choix du nom de ses appareils : « C’est en souvenir du livre Le Docteur Mystère qui m’avait passionné dans mon enfance, que j’ai appelé mon premier avion supersonique Mystère. Mes avions Mirage, du fait de leurs qualités d’attaque et d’évasive, sont aussi invulnérable aux coups de l’adversaire que le mirage est insaisissable pour le voyageur du désert, d’où le nom Mirage.
.
II / Marcel BLOCH, le NAPOLEON de l’aéronautique, de la presse,
de la politique, de l’architecture, du cinéma, de la banque et de la bourse

.
1963 Marcel Dassault s’intéresse également à l’aviation civile ; la compagnie américaine Pan Am(erican)
sera la première à commander en série le Falcon et lui ouvre les portes du marché américain.

1968 Dans Vol 714 pour Sydney, 22° album des aventures de Tintin, dessiné par Hergé, Dassault y est parodié
comme « le millionnaire qui ne rit jamais », le magnat de la construction aéronautique Laszlo Carreidas, celui qui propose à Tintin, le Carreidas 160, son jet privé, pour se rendre à Sydney.

1976 Un scandale éclabousse Dassault ! Hervé de Vathaire, un cadre récemment licencié, révèle une fraude fiscale massive. Jacques Chirac, ex secrétaire d’État aux Finances, très lié au groupe Dassault, manque d’être compromis. Monsieur de Vathaire est réintégré et
la société Dassault … échappe aux poursuites judiciaires.

1981 La société Dassault échappe à la nationalisation en faisant un cadeau à l’État de 26 % des actions de celle-ci.

1985 Marcel Bloch est le premier au palmarès des plus grandes fortunes de France.

1986 17 avril Décès , à l’age de 91 ans, dans la commune de Neuilly, dont le Maire est Nicolas Sarkosy, de Marcel Bloch, Grand croix de la Légion d’Honneur. Son inhumation a lieu au cimetière de Passy après qu’un hommage qui lui ait été rendu aux … Invalides, non seulement par le Gouvernement et les plus hautes autorités de l’État, mais aussi par la presse nationale et internationale.

… justifiant ainsi son auto-satisfécit : « Sans fausse modestie, je dirai que je me suis efforcé de ne pas manquer d’imagination. Avec l’équipe que j’ai formé, j’ai beaucoup travaillé. Je ne me laisse pas décourager par les difficultés. J’ai la passion de mon travail et je sais, par volonté, écarter tout ce qui pourrait m’en détourner.
J’ai une vie simple et heureuse. Tout, autour de moi, concourt et doit concourir à l’œuvre que je me suis fixée. »

.
1986 Son fils Serge Dassault prend les rennes du groupe.

1992 Son épouse Madeleine, née Minckes, d’une famille juive de marchands de meubles, décède à 91 ans.

2000 Son petit fils Olivier Dassault (né le 1ᵉʳ juin 1951 à Boulogne-Billancourt), ingénieur de l’Ecole de
l’Air (promo 1974), prend la succession à la tête du groupe et fait de la politique à l’UMP.
.

Bloch Dassault
les BLOCH DASSAULT

.
III / L’IMPOSTURE
.
En lui procurant sa propre carte d’identité, monsieur Dassault, n’avait que l’unique intention d’aider un français de religion judaïque à échapper aux poursuites de la police de Vichy.

Cela s’est matérialisé par la remise en main propres de sa carte d’identité que le détenteur officiel a ultérieurement déclarée perdue.

Il parait évident que cette combine n’avait qu’une validité ne pouvant dépasser la période du danger de l’occupation qui avait fourni l’occasion aux Allemands de mener bon train leur traque contre les juifs en territoire français.

Jusque là, rien à dire d’extraordinaire, sauf que, curieusement, le nom de ce monsieur Dassault de Puy Guillaume ne figure pas sur le mausolée de Yat Vachem, lui qui a tenté de sauver un juif des griffes de la Gestapo et l’un des plus puissants de France 😉
.
Mais peu après la Libération, soit cinq ans plus tard, non seulement monsieur Marcel Bloch n’a pas repris son patronyme légal, mais de plus, il a fait adopter ce nom de Dassault, à lui confié et dès lors devenu usurpé,
par décision du Conseil d’État (excusez du peu) à toute sa famille ; et notamment celle de son frère
le général Darius Paul Bloch (né le 13 janvier 1882 à Paris 9° et décédé le 3 mai 1969 à Paris 8°).
.
1946 en cette année, il fait modifier son patronyme Bloch en Bloch-Dassault
(décret paru au Journal officiel du 04.12.46)…

1949 …puis il réduit son nouveau nom à la seule appellation Dassault
(décret paru au Journal officiel du 15.02.49)

Enfin, il est donc totalement faux de dire, écrire et publier dans la presse et sur Internet que Dassault serait selon leur propres mots : « une déformation du nom de code « Char d’assault » qui aurait été utilisé par son frère, le général Darius Paul Bloch, dans la résistance. » C’est faux et ridicule.
.
IV / POURQUOI CETTE USURPATION D’IDENTITE PERDURE T-ELLE ?
.
Il faut faire une retour en arrière et rappeler que monsieur Bloch était l’avionneur chéri du gouvernement
de l’époque, et ce malgré que la presse d’opposition qui qualifiait volontiers ses avions de « cercueils volants » tant il y eur des pertes nombreuses lors de ses vols de jour en 1940.
.
Effet rappelons :

1° La nationalisation des usinesBloch : une affaire juteuse

Son entreprise nationalisé par le Front Populaire, ne l’empêche pas de rester le patron de la nouvelle entité
et titulaire d’un gros chèque d’indemnisation avec lequel il va investir dans … sa propre aviation !
.
2° Marcel Bloch, avait-il la grosse tête ? en tout cas il avait un double casquette

Durant la période 30/39,  il profite à plein des commandes d’armement de l’Etat ; aussi bien pour la société
qui devient nationale (36/37) dont il est le big boss que pour plusieurs de ses propres entreprises.
.
3° Des avions ne respectant pas le cahier des charges, mais tout de même sélectionnés !

Voila la remarque rappelée par Wikipédia et qui correspond aux témoignages des pilotes :
« affichant une vitesse maximale inférieure à celle exigée par le programme le [Bloch200], de construction
simple et robuste, donc facile à entretenir, est accepté en décembre 1933 à l’issue des essais officiels. »
.
4° Pourquoi « La Société des Avions Marcel Bloch qui ne disposait pas encore de moyens de production
industrielle (c’est le Groupe Potez qui fut chargé de construire ces bimoteurs). » obrtient-elle le marché ?
Quand on connait les réticences de l’Etat Français à signer des marchés avec des sociétés récentes
et de plus ne disposant pas d’une grande expérience, ni de fonds propres suffisants;

5° La suite est catastrophique : « La tête de série prit l’air le 27 septembre 1934. Doté d’un train d’atterrissage
fixe générant une forte trainée, les avions de série affichaient des performances décevantes en dépit du changement de moteur. Fragiles, ceux-ci avaient de plus tendance à prendre feu en vol, ce qui entraina des accidents mortels. Le journal Gringoire qualifia le MB.200 de cercueil volant (Marcel Bloch avait refusé la publicité de cet organe de droite dans son journal…) et l’armée de l’Air suspecta un défaut du système d’alimentation en carburant tandis que Marcel Bloch accusait le motoriste (Gnome & Rhône livrait les moteurs avec hélice, alors que Bloch fabriquait les hélices…). Malgré ces problèmes une nouvelle commande de 70 appareils fut notifiée en août 1934 et 108 appareils supplémentaires seront mis en commande le 18 avril 1935, toujours dans le cadre du Plan I.
.
6° L’ Aéro MBloch200, version tchécoslovaque : 1 ans de retard !

1935 « le ministère tchécoslovaque de la défense passe, avec la firme Potez, un accord aux termes duquel l’avionneur français fournissait pour 300 000 francs 1 liasse complète et un droit de licence sur le MB.200 et, en cas de commande, recevrait 12 % du prix de chaque appareil acheté jusqu’à concurrence de 128 appareils.

Un MB.200 fut importé de France simultanément et longuement testé à l’institut technique (VTLU) de Prague-Letnany avant que l’armée ne passe commande de 74 exemplaires à produire par les firmes Aero Vodochody et Avia au prix unitaire de 1 340 317 Kc.
.
1936 Mai, La production avait déjà été lancée lorsque la Société des avions Marcel Bloch fit parvenir en Tchécoslovaquie un jeu de 85 liasses comportant 183 modifications, compliquant le début de la production.
.
1937
Avril Les premiers appareils sortirent finalement d’usine.
.
7° Les cercueils volants au combat
.
Bataille de France

1939.07/09.nov. « Totalement dépassé, le bimoteur ne fut pas engagé directement en opérations durant la Bataille de France, mais réalisa quelques missions de reconnaissance qui se soldèrent par des pertes : trois appareils de la 31e Escadre envoyés en reconnaissance sur l’Allemagne furent attaqués par trois Bf 109D.
Le n° 132 (GB I/31) se posa dans les lignes allemandes (équipage prisonnier), [tandis que]
Le n° 163 (GB II/31) s’écrasa en flammes et le
Le n° 033 parvint à rejoindre le terrain de Manheuilles, [mais] se brisa à l’atterrissage. Deux jours plus tard,

Le n° 162 (GB I/31) [fut abattu] par la DCA au cours d’une reconnaissance de nuit sur Coblence. »

Bataille de Sidon
.
19419 Juin « 4 de ces appareils furent engagés dans un raid de bombardement visant l’escadre anglaise au large de Sidon le 9 juin. Pris à partie par les Hurricanes du 80° Squadron britannique],
un Bloch s’écrasa en mer (3 tués),
un second se vomit à terre (équipage sauf).
.
Référence : Wikipédia & Arnaud Prudhomme, Les Ailes françaises 1939-1945 (vol 1 à 5). Éditions TMA (Paris)
.
8° Les nouveaux MB210 et MB218 étaient-il plus performant ?
.
« Le MB210 est un bombardier moyen bimoteur français de l’entre-deux-guerres. De construction entièrement métallique, c’est le premier avion mis en service dans l’Armée de l’Air équipé d’un train d’atterrissage escamotable. Totalement dépassé techniquement, il constituait pourtant l’équipement de base des unités de bombardement françaises au début de la Seconde Guerre mondiale. »
.
1936 Janvier – le premier vol en configuration hydravion. « Le MB218 livré à la CEPA le 26 février, le prototype se révéla vite lent et surtout doté d’une autonomie insuffisante pour ce type d’appareil. Une commande portant sur huit MB.218, notifiée à la SNCASO en 1937, fut finalement annulée et le prototype affecté à la base de Saint-Raphaël jusqu’en 1940 avec le code SR-25, puisqu’il avait été acheté par la Marine. Il fut utilisé par le CEMA pour divers essais de torpilles.
.
9° BLOCH, les Cerceuils Volants (Extrait de l’excellent blog AEROPLANE DE TOURAINE).
http://aeroplanedetouraine.fr/accident_380225_stlaurent/Un Bloch 200 de Châteauroux s’écrase sur une ferme

1938 – 25 février Adossé à un mur de la ferme du Petit-Bois, à Saint-Laurent-en-Gâtines, au nord de Tours,
un petit monument aux morts rappelle le souvenir de cinq aviateurs de Châteauroux qui trouvèrent la mort en cherchant à se poser après une panne de moteur.
.
accident-stlaurent-2-gailleres
.
Il ne reste pas grand-chose de l’avion. (Collection Vincent Lemaire / origine Gaillères)

De la route qui relie Saint-Laurent-en-Gâtines à Beaumont-la Ronce on aperçoit la petite ferme, située à l’écart. Elle se trouve à quelques centaines de mètres de l’église de Saint-Laurent – si particulière – une ancienne maison d’été des évêques de Tours. On aperçoit également d’autres fermes, un petit bois. Le lieu-dit en tire son nom : le Petit-Bois.

Contre le mur de cette ferme existe encore un petit monument aux morts qui, depuis bien longtemps, ne reçoit plus les honneurs de ceux qui l’ont érigé. Ce monument a été inauguré en février 1939, en mémoire des cinq aviateurs de Châteauroux  dont l’avion, le Bloch 200 n° 62, vint percuter la ferme un an plus tôt.

C’était dans la nuit du 25 au 26 février 1938. Le bombardier de la 32e escadre de Châteauroux regagnait sa base. Le sous-lieutenant Vieux était accompagné du lieutenant Bédat, de l’adjudant Perrin, du sergent-chef Giclon et du sergent Aubry.

Ce soir-là, dans cette plaine, le Bloch 200 cherchait un endroit où se poser. Sans doute à la suite d’une panne d’un des deux moteurs. Il perdait de l’altitude et ne pouvait atteindre la base de Tours. Restait à trouver un champ. Dans ce coin de Touraine, ils ne manquent pas. Et pourtant… Selon les habitants des environs alertés par le bruit, l’avion utilisa ses fusées éclairantes pour choisir le meilleur endroit. Ce fut le plus mauvais. Le Bloch 200 fila tout droit dans la ferme des époux Roger qu’il percuta violemment. Plus précisément dans la partie qui constituait la grange et dans laquelle se trouvait la réserve de paille. « Nous étions couchés depuis une heure, raconta le fermier. Nous fûmes réveillés par un fracas épouvantable ». Le toit central de la ferme s’était écroulé. Tout s’était embrasé. Selon son témoignage, un moteur de l’avion termina sa course à quarante centimètres à peine du lit de son fils. « Il était indemne mais incapable de dire une parole. »

« Par quel miracle les trois habitants de la ferme, M. Roger, sa femme et son jeune fils, Martial, purent-ils se sauver ? se demanda la Touraine Républicaine. Les témoins de l’accident, qui furent bientôt sur les lieux les virent tous trois se sauver en courant de leur demeure, échappant de peu aux flammes environnantes ».

Il n’y eut pas de miracle pour les membres de l’équipage qui périrent dans le Bloch 200. Ce ne furent pas les premiers. Ni les derniers. D’autres accidents touchèrent les Bloch 200 au point d’être surnommé « Cercueil volant ». Les moteurs furent mis en cause. En juillet 1938, sous le titre « Les Bloch vont-ils être supprimés ? », les journaux publièrent un communiqué du ministère de l’Air : « De nombreux accidents viennent de se produire sur des avions Bloch 200 et 210, équipés de moteurs Gnome-et-Rhône. Bien que ce matériel soit parfaitement connu puisqu’il est en service respectivement depuis 1934 et 1936, le ministère de l’Air a décidé, d’une part, de prendre un certain nombre de mesures restrictives d’emploi ; d’autre part, d’adopter des dispositions techniques de sécurité. De plus, il a chargé le général Vuillemin, chef d’état-major général, de procéder immédiatement à une enquête, en liaison avec les utilisateurs, afin de déterminer les éléments de la décision définitive qu’il sera appelé à prendre ».

Un an après l’accident, « par une température froide et sous une pluie battante – cette “crasse” si souvent fatale aux aviateurs – a été inauguré, le monument élevé à la mémoire de l’équipage. » Y assistaient notamment le lieutenant-colonel de Busnel, ancien commandant de la 32e escadre de Châteauroux, le commandant Châtelain, chef du groupe auquel appartenait l’avion. La partie endommagée de la ferme avait été reconstruite. Ne restait, pour toute trace de cet accident, que le petit monument aux morts. Il y est encore, contre le mur de cette fermette. Pas très loin de la route. Loin du souvenir. Didier Lecoq

Sur la plaque noire, apposée plus tard :

« Martyrs de l’air !.. Vous qui êtes notre orgueil,
dormez en paix dans l’ombre de vos cercueils.
Dormez en paix ! Votre vie fut grande et belle.
Vous l’avez sacrifiée au prestige des Ailes…
Ces Ailes qui, brisées, resplendissent encore ! »

Jean Bédat (à l’équipage du Trait-d’Union).
.
.
POST SCRIPTUM
.

Stroumpf assis

Si cet article a éveillé en vous le désir de ne pas rester les bras croisés, alors inscrivez vous sur ce blog et/ou sur nos pages Facebook
.
1) Page FACEBOOK : Les amis d’Histoire de France (forum de discussion
2) Page FACEBOOK : Histoire de France (rappel des articles + commentaires)
3° Page FACEBOOK / Perso / Lio de France (tous les articles de Lio)
.
Laissez un commentaire, ou attendez tranquillement chez vous, qu’on vienne vous chercher …
.
Nous contacter ? contact@histoiresdefrance.org
Faire un DON à O.N.G. Histoires de France®
Compte BITCOIN n° 1PFgEQ7vsD2tDKWLyfev2fQccQaEz5ePf3

PHI

 

Publicités

À propos de Lio de France

Lisez donc les posts de mes blogs : https://histoiresdefrance.wordpress.com http://polytechniquemines.wordpress.com http://viaducdufrioul.wordpress.com http://actionetcommunication.wordpress.com http://mercuredordefrance.wordpress.com http://atrium-center.blogspot.com http://delannoy.blogspirit.com ainsi que les blogs en français dont je corrige l'orthographe : http://chayR.blogspirit.com http://cigp.blogspirit.com http://doublegenre.wordpress.com

Discussion

Pas encore de commentaire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Articles récents

histoires de France

Catégories

Follow Histoires de France on WordPress.com
septembre 2014
L M M J V S D
« Août   Oct »
1234567
891011121314
15161718192021
22232425262728
2930  

Entrez votre adresse mail pour suivre ce blog et être notifié par email des nouvelles publications.

Rejoignez 1 015 autres abonnés

%d blogueurs aiment cette page :